samedi 9 janvier 2016

Quand la vie rencontre la mort


Le 31 décembre 2015 alors que la grande majorité des gens s'apprêtaient à festoyer pour le Nouvel An, mon univers allait basculer à tout jamais. Mon ami et amoureux des derniers mois s'était enlevé la vie la veille. C'est moi qui l'ait retrouvé chez lui, sans vie, quelques heures après le moment fatidique où il n'y a pas de retour possible. Une partie de moi est morte au moment où je l'ai trouvé. Ma vie ne sera plus jamais comme avant.

 Nous nous étions quittés quelques jours auparavant. Une rupture. Et pourtant, nous nous étions parlés le 30 au matin pour planifier un souper "entre amis" le 1er au soir. Comment ne pas se sentir responsable de la mort de quelqu'un quand quelques jours avant on prend la décision de mettre fin à la relation? Depuis son départ, je rejoue dans ma tête les moments clés de notre relation, et essaie de construire différents scénarios qui auraient pu le garder en vie. En vain...il n'y a pas de "undo button" dans la mort. Il ne reviendra pas. Je devrai vivre avec les décisions que j'ai prises et les discussions que nous avons eu ou n'avons pas eu.

Il n'y pas de mots qui décivent la peine que je puisse avoir. L'incompréhension. La tristesse, les regrets des paroles jamais dites ou des gestes jamais donnés. Je suis bien entourée de ma famille et mes amis, et pourtant, personne ne peut comprendre ce que je vis. Il faut avoir touché à la mort et à la violence du suicide pour comprendre ce que je vis. Personne ne devrait avoir à vivre ce traumas. Je ne le souhaite à personne.

En choisissant de s'enlever la vie, Kevin a pris une décision égoïste. Quand on s'enlève la vie, on ne pense pas au raz-de-marée et à la vague de questionnements, de pleurs, de déchirements et de tristesse que ce geste cause pour les proches. Le suicide bouleverse. J'en serai marquée à tout jamais, de différentes façons.

Aujourd'hui était son enterrement. C'est tellement irationnel d'enterrer quelqu'un qui n'était pas malade, du moins physiquement. La famille est sous le choc. Je suis sous le choc. Tout est tellement irréaliste. Célébrer la vie de quelqu'un qui était parmi nous il y a une dizaine de jours, ça te chamboule des certitudes. Personne de la famille n'a perçu de messages de détresse de sa part. Il a bien bluffé, n'a rien laissé paraître. Il faisait même des plans pour le nouvel an. Nous n'avons rien vu. Ça ajoute à la culpabilité et à la tristesse.

Quand la vie rencontre la mort, bien des choses nous aparaissent soudainement très futiles et complètement ridicules. On réalise qu'on se fait des montagnes et des soucis avec des stupidités. Tout nous paraît tellement insignifiant.

Je ne saurai jamais pourquoi il a fait ça. Ce sera à tout jamais un mystère un questionnement qu'aucun de nous de pourra résoudre. Et c'est ce qui est frustrant avec le suicide de quelqu'un qu'on aime. On a aucune réponse à nos questions.

Où qu'il soit, j'espère qu'il est heureux et en paix. Mon deuil sera long et douloureux. Il ne souffre plus mais la souffrance est bien ancrée en moi maintenant. J'espère avoir la force de la rendre un peu moins douloureuse avec le temps.











lundi 15 juillet 2013

Séjour en territoire français

Une terre de France en Amérique du Nord. Un archipel d'îles au sud de Terre-Neuve. Un endroit où le temps s'arrête, où la langue de Molière prévaut sur celle de Shakespeare, malgré les 80 kilomètres qui séparent les deux continents. Nous voici à Saint-Pierre-et-Miquelon, là où l'accent chante entre le français de France et le québécois du Québec, là où les panneaux de signalisation, les poteaux électriques, l'Euro, les prises de courants, les plaques d'immatriculation et - oui on n'y échappe pas- les traditionnels petits déjeuners, avec croissants et baguettes -prévalent sur tout le reste. J'aime j'aime et j'aime!

J'ai de la visite du Québec depuis lundi dernier, et mes deux amies m'ont proposées ce petit voyage de 3 jours en terre française. Ça faisait un bout que je voulais y aller, alors j'ai sauté sur l'occasion. Visiter les îles Saint-Pierre-et-Miquelon fait partie de la "bucket list" de bien des gens. De dire qu'on visite la France tout en restant en Amérique du Nord, à 4h30 de route de chez moi, j'avoue que ça a quelque chose de "tripatif" comme dirait Jacques Languirand. Donc, 4h30 de voiture, un dodo à Fortune, un tour de bateau de 50 minutes et nous voici à St-Pierre, île découverte par Jacques Cartier en 1536 en s'en allant au Québec.

C'est à pieds que se découvre l'île de Saint-Pierre, grâce à ses sentiers pédestres et les rues de la ville. Les îles Langlade et Miquelon peuvent aussi être visitées au moyen d'un traversier ou d'un zodiac (coeurs sensibles s'abstenir). Nous avons eu la chance de passer quelques heures sur Langlade et Miquelon, reliées par une dune de sable, l'isthme, d'une longueur de 12 kilomètres. La portion la plus étroite de la dune est de 300 mètres - on est loin des autoroutes à 8 voies!

Et sur ces îles, on prend un autre rythme, celui de la mer, des vagues, de la dune, des marées, des tempêtes, des saisons. Les gens prennent le temps. Le temps d'expliquer, d'amarrer, de raconter l'histoire, leur histoire. Marcher, prendre le café, contempler la nature. S'arrêter au coin et discuter. Savourer le silence. Le sablier du temps ralentit, donnant l'occasion au visiteur de contempler et comprendre l'histoire riche d'un peuple unique. Ils sont fiers ces St-Pierrais et Miquelonnais et se considèrent différents de leurs cousins d'Europe. Et j'avoue avoir adoré leur accent se rapprochant du québécois. Oui, l'archipel m'a séduit de par ses couleurs, ses gens, sa simplicité. J'espère bien y retourner; en attendant, je contemplerai les photos, témoins bien pâles d'un paysage maritime sans pareil.


Saint-Pierre est une ville colorée!

Maison à la sortie du village

Bonjour brume, soleil et toi qui sourit


Ville de Saint-Pierre, vue du zodiac de Janot

Le quai de Langlade!

Une autre époque plein de charme

L'heure de la pause-café!


Mémorial des Acadiens à Miquelon - de nombreux
Acadiens furent déportés vers les îles

Sur l'isthme

L'isthme entre Langlade et Miquelon

Les salines

jeudi 6 juin 2013

Des nouvelles du front

Rassurez-vous: Frewfie n'est pas morte. Mais elle est pas mal occupée. J'avoue que, une fois le boulot terminé et les 60 courriels envoyés, j'ai pas le goût de taper au clavier. Mais, après avoir reçu des courriels et des appels me demandant quand est-ce que j'allais écrire quelque chose de nouveau sur mon blogue, je me suis dit que je pourrais bien prendre un peu de temps pour écrire ce soir. Pour une des rares fois, j'ai un 45 minutes à tuer avant d'aller à ma séance de course à pieds....je vais en profiter pour donner des nouvelles du front!

La Frewfie est occupée. Si je retourne en arrière, en fait jusqu'au mois de mars, je pourrais faire la rétrospective suivante:

Après un 2e hiver pratiquement sans neige, venteux et pluvieux, j'ai décidé que j'allais me faire chauffer la couenne au Mexique. Je suis donc partie une semaine avec ma mère et une amie à Riviera Maya. 10 jours plus tard, je suis revenue sur le "rocher", avec un bronzage en prime. La météo était aussi médiocre qu'à mon départ, ce qui m'a fait réaliser que d'aller dans le sud en avril pour revenir me faire geler à Terre-Neuve pendant un autre 3 mois (parce que je portais encore une tuque dimanche dernier), c'est de la torture pure et simple. Mon prochain voyage sera en Sibérie - j'aurai au moins l'impression de crever de chaleur quand je reviendrai chez moi.

Question de déchanter rapidement à mon retour de vacances: deux mauvaises nouvelles m'attendaient coup sur coup: 1 - chum retourne travailler à Halifax en date du 4 juillet; 2 - Praline se fait mordre par un chien et les soins du vétérinaire me coûte 700$. Oh joie. Parfois, y a des événements comme ça qui nous font l'effet d'une claque au visage. Mais bon...le coup est passé, je me suis retroussée les manches et ai poursuivi mon bonhomme de chemin.

J'ai quand même eu des moments positifs au cours du printemps: Après un an d'efforts et d'exercices physiques, j'ai fondu de 30 livres. Je dois maintenant magasiner pour de nouveaux vêtements car je flotte dans mes pantalons que je portais depuis 5 ans. C'est un beau problème me direz-vous :-) Question de ne pas trop perdre de poids, je suis allée prendre un cours de tourisme culinaire à Bonavista pendant 3 jours. Offert par le Bonavista Institute for Cultural Tourism, c'est un cours qui vise à mettre en valeur nos attraits touristiques en y incorporant deux choses que les visiteurs aiment: la bouffe et les arts. Grosse, grosse vie sale pendant ces 3 jours où nous avons mangé des produits locaux, cuisinés par des chefs de la région mais aussi par nous-même!

La fin de semaine dernière, j'ai participé au premier festival de fruits de mer de Bay Roberts, où six restaurants nous offraient six mets autour de la thématique des poissons et des crustacés. Je le recommande à tous et j'espère qu'il y a aura plusieurs éditions à ce festival!

Le travail me tient occupé - ça m'évite de m'ennuyer du Québec et de me morfondre en pensant que dans moins d'un mois, chum sera à 500 km plus loin....il y a deux semaines, j'ai fait un constat que probablement tout le monde qui me connaît aurait fait bien avant le temps: J'ai une programmation estivale beaucoup trop chargé au travail. J'avoue humblement que je ne sais pas comment je vais survivre à ma saison sur la colline....heureusement, j'ai des collègues en or qui m'épaulent, me supportent et m'endurent. Cet été nous offrirons à Signal Hill des tirs de canons du midi, des concerts du crépuscule, un programme d'initiation au camping, des histoires de fantômes, des dégustations de rhum, des pièces de théâtre, et j'en passe...à Cape Spear, on relance la deuxième année des soupers au phare historique, et on ajoute à celà des randos-chocolat, un festival de plein-air, un festival des baleines et des concerts d'après-midi.

Pour ceux qui suivent la Petite Séduction - il semblerait que votre Frewfie nationale fera partie de l'émission filmée à St. John's, émission à laquelle Cathy Gauthier sera l'invitée. L'émission devrait être diffusée sur les ondes de Radio-Canada en juillet.

Et pour terminer, ma mouman est chez-moi depuis deux semaines, et elle prend un grand soin de sa fille et lui préparant de bons petits plats et en prenant soin de chien chien pendant que Frewfie essaie de faire avancer les choses au travail. J'avoue être très heureuse de l'avoir avec moi ici. Ça fait toujours du bien de se faire dorloter par sa mère:-)

C'était les nouvelles du front - mon 45 minutes de temps libre est pratiquement écoulé. J'essaierai d'écrire à nouveau d'ici Noël :-)






vendredi 1 mars 2013

La classe-neige


27 février 2013

J’aurais donc aimé qu’à 16 ou 17 ans on me donne la possibilité de participer à un treck d’aventure, dans un parc national en plus! Une quarantaine de jeunes étudiants provenant d'écoles situées à proximité du Parc National Terra-Nova avaient cette chance ce matin! Depuis 5 ans, le parc organise le « Adventure Fun Treck Race ». Ce matin, les jeunes avaient 4 km à parcourir en raquettes, devaient descendre une falaise abrupte avec une corde d’escalade, devaient partir un feu et faire bouillir de l’eau sur ce feu et finalement skier 5 km avant de franchir la ligne d’arrivée. Ils devaient le faire en équipe, du début jusqu’à la fin. J’étais postée à la corde – après avoir moi-même raquetté la moité du parcours. C’était pas mal adorable de les voir arriver en jeans, gilets kangourou, sans tuque ni de mitaines pour certains. D’autres étaient bien habillés pour la cause, fort heureusement. C’était aussi comique de leur voir la face lorsqu’ils voyaient par où ils devaient descendre avec la corde. Méchant beau défi qu’ils ont tous relevé avec brio. L’école de Clarenville a terminé première avec un parcours total de 1 heure 36 minutes.






Qui a dit qu’il n’y avait que de la motoneige à faire à Terre-Neuve? ;-) Au moins, ces jeunes savent qu’il y a d’autres options pour apprécier le plein-air tout en restant en santé.

dimanche 24 février 2013

La procrastination

Sérieusement...qui a eu l'idée d'inventer la procrastination? Cette obsession de tout remettre à plus tard, tantôt, demain, après le lunch, après la tisane, quand il va pleuvoir, quand l'hiver arrivera...

Je l'avoue bien tristement, je suis la reine de la procrastination. Je me déteste quand je fais ça, car je passe plus de temps à penser à des choses qui ne m'intéressent pas. Parce qu'avouons-le franchement, procrastine celui qui n'est pas motivé.

À la lumière de l'affirmation suivante, il est évident que lorsque Sharon et Neil m'ont proposé d'aller skier 1. sous un magnifique soleil et ciel bleu de février (le premier en de nombreuses semaines) 2. à un endroit que je n'avais pas encore exploré 3. en bonne compagnie (forcément les gens de plein-air sont toujours de bonne compagnie), je n'ai pas hésité à procrastiner une fois de plus en laissant de côté mon premier travail de session de mon très intéressant cours en gestion du tourisme. Que voulez-vous...je préfère le vivre moi, le tourisme...pas l'analyser ou le décrire...

Résultat? Un beau 10 km de ski hors-piste, à traverser des lacs, à glisser sur une belle poudreuse, à se gorger de soleil, mais aussi à partager la piste avec les motoneiges et quatre-roues (au moins ils seront là si on se blesse et ils nous font de beaux sentiers tapés). À noter qu'il y a toujours une composante expédition avec Sharon et Neil - cette fois-ci il fallait contourner d'intéressants trous de boue, et à plus d'une reprise. Ça rend l'aventure plus mémorable:-)

Second Pond, The Goulds



Fearless Sharon



Neil ouvre la piste


Un des nombreux obstacles boueux- j'étais contente d'être à skis.
Plus facile à traverser qu'en motoneige...


Causerie sur le divan









Sharon, Neil et Praline



On rencontre de tout sur ces pistes, même des véhicules amphibies!

Praline surveille Sharon dans sa descente


Le plus dur avec la procrastination, c'est qu'après ce 3 heures de ski, mon travail de session m'attendait là où je l'avais laissé...on n'y échappe pas :-)

samedi 16 février 2013

E.T. téléphone maison

C'est maintenant confirmé! J'ai la preuve que la ville de St. John's est en contact direct avec les extra-terrestres!


jeudi 7 février 2013

Bon voyage grand-maman


26 janvier, Chicoutimi

Voilà. Voici un chapitre de ma vie qui se termine, avec le décès de ma grand-mère Levesque, la mère de mon père. Depuis les 13 dernières années, j'aurai vu partir mon père et mes deux grands-parents. Hier, je suis allée déposer l'urne de ma grand-mère aux côtés de l'amour de sa vie décédé il y a 3 ans et de son fils, mon père, décédé en mars 2000. Et moi, j'étais du côté des êtres vivants, le coeur gros mais me sachant entourée et aimée.

C'est encore le coeur gros et les larmes aux yeux que j'écris ce matin. Toutes sortes de réflexions me sont passées par la tête cette semaine. Il n'y a pas plus bizarre que de demeurer dans l'appartement de nos grands-parents sans que nos grands-parents y soient....et c'est encore plus bizarre d'ouvrir les tiroirs pour jeter, donner, conserver, déménager des objets et meubles ayant apartenus à mes grands-parents. Ma grand-mère m'aurait arraché la tête de son vivant si j'avais osé ouvrir ses garde-robe. Maintenant, je "dois" le faire. C'est fou ce qu'on accumule durant une vie. Toute la définition de société de consommation prends son sens lorsqu'on vide un appartement d'un défunt. Et j'étais chanceuse, car ils s'étaient déjà départis de beaucoup de choses en vendant la maison...mais encore...il restaient les vêtements, les souliers, les 56 paires de draps, les 200 linges à vaiselle, les 30 chapeaux, les bibelots, les revues qui datent de 2002, et j'en passe. De vider l'appartement me donne le goût de me départir de choses de ma maison; et paradoxalement, je vais faire déménager de Chicoutimi à Terre-Neuve des meubles et objets ayant apartenus à mes grands-parents.  Comme si je n'en avais pas assez déjà...mais on dirait que certains objets ayant une valeur sentimentale à nos yeux ne peuvent être jetés ou donnés....J'ai quand même 3 semaines devant moi pour me demander où je vais mettre tout ça.

Les funérailles c'est heureusement l'occasion de revoir des gens qu'on n'avait pas vu depuis un bout. Je pense à une tante, et une grande-cousine. Je pense aussi aux voisins de mes grands-parents qui ont connu mon père et m'ont connu toute petite. On réalise que notre mémoire peut remettre à la surface certains beaux souvenirs dont on ne se rappelait plus, comme lorsque j'allais jouer chez monsieur Bégin et que j'étais fascinée par les jouets qu'il cachait dans son poêle à bois! Figurez-vous que 25-30 ans plus, les jouets y sont toujours!!

Personne n'est immortel, je le sais. Tout le monde doit vivre la perte d'un être cher à un moment ou à un autre. Je n'ai pas encore trouvé de douleur plus douloureuse que celle de perdre un parent. Aucun pansement ne peut nous faire arrêter de pleurer, il n'y a que le temps qui puisse aider et encore....je me surprends encore, 13 ans plus tard, à pleurer le départ de mon père. Sacrée émotive va...

26 janvier, 10:51 du matin. Je me prépare à fermer la porte de l'appartement de ma grand-mère, pour une dernière fois. En quittant Chicoutimi ce midi, il ne restera que les souvenirs de moments passés ici.

N'oubliez pas de dire à ceux et celles qui vous sont chers que vous les aimez, et dites-leur souvent. On chiâle beaucoup trop et on ne dit pas assez souvent "je t'aime". Il n'est jamais trop tard pour changer.

dimanche 23 décembre 2012

Noël - ou la joie de la gestion des bagages

Deuxième Noël que je m'enfuie du rocher. Autant j'ai hâte d'être chez moi, de voir ma mère, mes amis, de skier (je sais, je sais je radotte), de m'empiffrer de St-Hubert, d'Ashton, de Normandin, de fromage qui fait squish squish, de passer Noël au parc du Mont Mégantic, de skier (je l'ai déjà dit hein? Pas grave), autant la préparation des *&%$?#$ de bagages me fait regretter d'être déménagée si loin. Quand je demeurais à Gatineau, l'important était que les bagages ET le chien ET les skis entrent dans l'Écho. Maintenant que je doive prendre l'avion, il faut que les bagages soient réglementaires quant à la dimension, au poids, à la sécurité, à l'alignement des astres et j'en passe.  Aujourd'hui, ce fut la valse de la préparation des bagages. J'ai pensé vous partager le déroulement de ma journée...

10h - Commence à sélectionner les vêtements que j'apporterai...au menu: Du ski, de la raquette, un mariage, un 100e anniversaire de naissance, le boulot... Savez-vous combien de souliers et bottes j'apporte pour tout ces événements? SIX!! Et je viens de réaliser en direct que je n'ai pas de souliers pour le travail....bon ben on va travailler en bottes - je n'ai plus de place. Fin de la discussion.

10h15- Frewfie en sélectionnant les vêtements: Ah ben, tant qu'à faire, je pourrais faire le ménage de mes tiroirs en même temps...et jouer avec le chat...puis le téléphone sonne. Répond. C'est la tante de Québec. Jase avec la tante. Raccroche. Appelle la mère. Raccroche. Avec tout ça il est midi.

Midi - Emballe les cadeaux. Frewfie se dit que sa technique en emballage de cadeau fait toujours dur, même rendue à 35 ans. Se dit aussi qu'elle aurait pu les emballer il y a 3 semaines. Se dit qu'elle pourrait embarrer le chat qui se fait une joie de chasser les rubans, choux, papier d'emballage, bref, tout ce qui bouge et fait du bruit. Marmonne en emballant les cadeaux (qu'elle a commandé en ligne): "ça serait le fun que la prochaine fois que je commande en ligne, j'envoie les cadeaux directement au Québec...". L'expérience entre....




13h- Frewfie doit choisir sa valise...Non. Peut pas prendre la grosse valise, parce que la SEPAQ ne fait pas de transport de bagages après 14h (j'arrive à Québec à 9 heures et file directement au parc du Mont Mégantic). Si mon vol est retardé..bref...je devrai faire un backpack...donc le sac de backpacking servira de valise.

Frewfie prend la petite valise et la remplit de cadeaux, du portable, etc. Se demande soudainement quel poids maximal le bagage de cabine doit avoir...descend au salon et regarde sur le web. 22 livres. ok...remonte, pèse le bagage: 21 livres. Isshhhh. Changement de stratégie. J'ai droit à deux bagages de cabine. Donc le portable et documents de travail iront dans le sac du portable. L'autre valise contiendra les cadeaux (que j'aurais donc dû faire livrer au Québec..) et les 56 millions de fils électroniques.

Parlant d'électronique. Trouvez-vous qu'on commence à faire un peu ridicule avec toutes nos bébelles électroniques? Dans mes bagages, j'aurai:

  • Le Blackberry avec son chargeur
  • Le Ipad avec son chargeur
  • Le rechargeur à batterie pour ma lampe frontale
  • L'appareil photo
  • Le rechargeur à batterie pour mon appareil photo (parce que la batterie est différente de la lampe frontale)
  • Le portable
  • Le fil du portable
  • La souris du portable
  • L'adapteur pour que je puisse écouter mon ipod en conduisant
  • Les écouteurs pour que je puisse écouter un film dans l'avion - si les écrans fonctionnent

Dire que je ne me suis jamais considérée techno....

14h- Frewfie prépare son gros sac de voyage....Quel est le poids maximum d'un bagage enregistré? Redescend. Re-vérifie sur le web. Remonte. 50 livres. Met le sac sur mon dos. Ceci est le seul moment de l'année où je grimpe sur la balance sans vouloir la lancer par la fenêtre. Note le poids de Frewfie AVEC le sac (c'est rassurant). Me pèse sans le sac (misère le sac est léger). Fait un doigt d'honneur à la balance.

16h- Frewfie dépose Praline chez sa gardienne et se sent coupable de laisser son chien chez quelqu'un pour un troisième Noël consécutif. Se dit ensuite qu'elle devrait faire le plein puis se résigne car paresseuse et procrastinatrice. Ça attendra au retour. Puis ensuite, se dit que peut-être ses skis (les ?*R&? de skis) n'entreront pas dans la voiture de l'amie qui servira de taxi à 4 heures du matin. Aboutit donc au poste d'essence près de chez elle et reste coincée dans un embouteillage (accident) qu'elle aurait pu éviter si elle n'avait pas procrastiné 15 minutes plus tôt.

17h -Cette année j'ai décidé que j'apportais mes skis, bâtons, bottes, la totale quoi. Et évidemment, je ne peux me contenter d'une paire- je dois apporter mes deux paires - classique et patin. Parce qu'on ne sait jamais quelles conditions de neige on aura. Donc...on multiplie tout par deux:skis, bottes, bâtons. Sécurise le tout avec des gaines isolantes qu'on utilise en plomberie. Pique une crise via texto au chum parce qu'elle pense que ça n'entrera pas dans le sac, puis se ravise en ajustant les gaines isolantes. Un vrai film de suspense.



Je me retrouve donc avec 4 bagages -pleins à craquer. Et maintenant l'attente du vol. L'attente de voir si mon vol sera retardé ou à l'heure, si mon amie n'aura pas une crevaison en m'amenant à l'aéroport, si la préposée aux bagages m'annoncera que je dois payer un excédent - même si j'ai déjà payé un excédent pour mes skis - si mes bagages me suivront ou non, si j'aurai la voiture que j'ai demandé en location ou pas, si j'arriverai à temps à Mégantic pour le transport des bagages.

Dire qu'il y en a qui s'épuisent à magasiner des cadeaux de Noël...


dimanche 16 décembre 2012

Décembre et le mummering


Crédit photo: Dale Jarvis


C'est devant un magnifique tapis blanc (qui sera foulé dans quelques minutes par mes skis) que je prends un peu de temps pour jaser mummering. Je crois que j'en avais parlé un peu l'an dernier, car j'étais allée assister en spectatrice à la parade des mummers. Cette année,  je m'y suis jointe.



Le mummering est une tradition qui veut que durant le temps des Fêtes, les gens des communautés à Terre-Neuve se "déguisent" de façon la plus quétaine et ridicule possible, portant souvent sous-vêtements par-dessus les vêtements et les vêtements de l'autre sexe. Les mummers se couvrent le visage - le but étant de ne pas se faire reconnaître par ses voisins. Donc les mummers passent de porte en porte, chantant dansant et s'ils ne se font pas reconnaître, ont droit à de la nourriture et un p'tit verre de bwoésson.

Depuis quelques années, une parade de mummers est organisée à St. John's dans le cadre du festival des mummers. J'ai réussi à convaincre mon nouveau chum (!) de m'accompagner dans cette follerie (je suis surprise qu'il ne m'ait pas planté là après que je lui ait fait porter la robe de chambre de ma mère et un de mes soutien-gorge à cette parade!) Méchant exercice d'humilité! Heureusement que nous n'étions pas seuls à être accoutrés de la sorte! Je crois bien que plus de 700 personnes étaient présentes à cette parade. C'était drôle, festif, coloré, et divertissant. Hier, j'étais heureuse d'être ici.

Frewfie-Mummer

Sexy!





Un peu plus tôt cette semaine, j'ai entraîné le chum- à son grand désespoir- à un atelier de ugly stick. Le ugly stick est l'accessoire de choix du mummer, qui consiste en un bâtons sur lequel on visse 60 bouchons de bière et boissons gazeuse, un soulier ou une botte et une canne de conserve que l'on décorera avec goût.  Le but du bâton est de faire du bruit, ben du bruit. J'aurais aimé avoir plus de temps pour décorer le mien - il sera plus étoffé l'an prochain!



Crédit photo: Dale Jarvis

Qui aurait dit qu'un soulier de randonnée servirait de base à un ugly stick...

Frewfie et son ugly stick


Cela étant dit...je m'en vais skiiiiiieeeeeerrrrr... sans le ugly stick :-)

mercredi 28 novembre 2012

Skiiiiiiiiiii

Enfin!!! On l'a eu, notre première bordée!! Il doit être tombé près de 10-15 cm depuis les 3 dernières heures. C'est en regardant ça tomber après le souper que je me suis dit: Pourquoi remettre à demain ce qu'on peut faire maintenant, surtout qu'il risque de pleuvoir cette nuit. Donc....


Je suis allée skier!!!!!!!!!!






Je pourrais facilement écrire une dissertation de 20 pages sur ma passion pour le ski de fond, mais je crois que je n'ai pas besoin de l'écrire, ça se vit tout simplement. Ça me rend heureuse cette neige, cette glisse, cette quiétude blanche, ce froid. Oui, pour moi c'est facile d'aimer l'hiver. Amenez-en de la neige!!

À Clément, je t'ai dédié ma première sortie de ski de fond de l'année 2012-2013. Tu m'as accompagné pendant ces 90 minutes de pur bonheur. Merci de m'avoir donné ce goût de skier. Je t'en suis extrêmement reconnaissante.

samedi 24 novembre 2012

Terre-Neuve et le sexe

Ahhh, je soupçonne qu'avec ce titre accrocheur, les statistiques de visualisation vont monter!

Rassurez-vous (ou bien retournez à vos résultats de recherche pour avoir de quoi de plus pimenté), rien ne sera déplacé dans ce billet. Ce n'est pas de sexe que je vais parler mais plutôt du nom évocateur que certaines communautés terre-neuviennes ont adopté. C'est en lisant mon livre de farces sur les Newfies (Newfie Joke Book) qu'il m'est venu à l'esprit (délurée) de vous présenter le top 10 des noms de communautés ou endroits qui font sourire. Voici:

10. La Poile - Il y a même la Baie de La Poile. Il n'y pas de routes qui mène à cet endroit d'où le manque de rasoirs ou de lotions épilatoires
9. Virgin Arm - Permettez-moi d'en douter
8. Heart's Content - Il faut quand même être romantique à nos heures. Dans le même ordre d'idée il y a Heart's Desire et Heart's Delight. Ce doit être des Terre-Neuviens passionnés qui y demeurent
7. Conception Bay. La légende dit que toute a population de St. John's a été conçue à Signal Hill. Moi je crois que c'est faux, autrement, pourquoi Conception Bay aurait-elle été nommée ainsi?
6. Ass Hill. Je n'ai pas l'impression que la personne qui a nommé cet endroit s'y plaisait
5. Spread Eagle. La version terre-neuvienne du Kama Sutra
4. Cuckhold's Cove. Ok, ce n'est pas épelé de la même façon, mais beaucoup de gens vont y batifoler l'été, derrière les buissons. Disons que les touristes n'apprécient pas
3. Blow me down. Là-bas on ne s'ennuie jamais
2. Come by Chance. Il faut s'avoir prendre des risques

Probablement que plusieurs d'entre vous savez déjà qui obtient la palme de l'originalité, mais pour ceux qui se le demanderaient:

1. Dildo - Je laisse votre imagination faire le reste!

jeudi 22 novembre 2012

Tête à tête avec Vincent Vallières




Bon oui. Le titre est un peu exagéré. Mais si peu! Ce soir, j'ai découvert un grand avantage à demeurer en région (ou province) éloignée. La communauté francophone de St. John's a eu droit ce soir à un spectacle de 90 minutes du talentueux Vincent Vallières, au théâtre de l'École des Grands-Vents. Pour la modique somme de 15$, nous étions une centaine de chanceux à se faire transporter dans l'univers unique de la mélodie et des mots de cet auteur-compositeur. Et la Frewfie avait une place de choix; drette dans la première rangée, en face du beau et talenteux Vincent. Un peu plus et je montais sur scène. L'autre avantage était que la file pour obtenir un autographe et une photo n'était que de 10 minutes. J'aurais été folle de ne pas en profiter. Ce fut une soirée remplie de rires, d'anecdotes impliquant son guitariste Hugo et ses amis, de chansons rassembleuses, drôles (la chanson Février est pas mal cute) touchantes (On va s'aimer encore est dure à battre), vibrantes et nostalgiques (le monde tourne fort), chantées avec émotion (Asbestos), simplicité et intensité.

Vincent Vallières, j'adore.





dimanche 4 novembre 2012

Frewfie et la cornemuse

Certains la trouve bruyante. D'autres, intolérable. D'autres, intéressante dans certaines occasions. Moi, je la trouve fascinante, envoutante, inspirante. Je parle de la cornemuse, soit écossaise (la proud and loud), soit irlandaise, soit miniature. Je ne sais pas pourquoi, mais ça vient me chercher aux tripes, ça me fait monter les larmes aux yeux. J'ai toujours aimé le son de la cornemuse. Je n'ai jamais pensé à apprendre à en jouer par contre. Jusqu'à ce que je déménage à Terre-Neuve. Ici, terre des grands espaces, c'est l'endroit idéal pour en jouer sans casser les oreilles aux voisins. Il m'est souvent arrivé d'apercevoir des joueurs de cornemuses au sommet d'une colline à travers les fleurs et la bruyère de la East Coast Trail. C'est romantique, c'est puissant, c'est viril (surtout avec le kilt ;-).

Et puis en août dernier, en raison d'un événement spécial que nous tenions pour des commémorations au boulot, j'ai pris une décision. J'allais apprendre à en jouer. J'ai quand même une certaine expérience de musique, j'ai joué de la basse électrique pendant 6 ans et fait des concours de musique. J'ai toujours aimé joué de la basse, même si pendant les premiers mois, j'étais terrorisée à l'idée d'apprendre à jouer de ce truc (je n'avais quand même que 12 ans). Enfin. j'ai réussi à apprivoiser l'instrument et me suis découverts des talents cachés.

Donc pourquoi ne pas essayer avec la cornemuse?

Alors j'ai établi des contacts et me suis renseignée. Par où commencer? On commence avec ce qu'on appelle un "pratice chanter", une flute pour débutant qui ultimement nous aidera à graduer vers la cornemuse. Et avec le chanter, on se procure un livre du College of Piping, qui, à travers 26 leçons toutes aussi éprouvantes les unes que les autres, nous enseigne à maîtriser la chose. C'est une façon économique (200$ l'achat d'un chanter versus 2000$ pour une cornemuse) et aussi une façon plus civilisée d'apprendre à jouer de cet instrument sans partir une guerre de quartier avec ses voisins.

J'ai débuté mes leçons début septembre. Début novembre, j'en suis à la leçon 7 - oh misère. Mon orgueil en prend un coup. En fait, c'est un bon exercice d'humilité. Surtout quand je me pointe à mes pratiques en groupe. Là j'ai l'air d'une tarte. Je ne sais pas pourquoi, mais je joue quand même correct quand je suis seule, mais dès que j'ai deux paires d'yeux rivés sur moi, j'oublie mes notes.

Mais c'est pas grave, je fais ça pour le plaisir et n'ai aucunement l'intention d'en faire une carrière.

Donc si tout va bien (et là on parle à la Candide, d'une façon très très optimiste), je devrais graduer à la cornemuse dans 6 à 8 mois, en supposant que je pratique 30 minutes par jour - ce que je ne fais pas encore. Ça demande la discipline cette chose. Mais j'ose rêver au jour où, juchée sur les collines de Signal Hill je jouerai Scotland the Brave, ou bien Amazing Grace, au grand plaisir de...de qui donc? ahah:-)

En attendant ce moment de gloire, je vous propose de vous bidonner ce soir. Je me suis filmée à jouer, en DÉBUTANTE (je ne veux d'analyse à la Alain Goldberg) la deuxième partie de Scots Wha Ha'e. J'espère que j'aurai encore des amis après cette écoute :-)

Toute qu'une leçon d'humilité...



mercredi 31 octobre 2012

Praline et l'Halloween

Octobre 2008 - Un party au 58 Fréchette


J'ai toujours aimé l'Halloween. J'ai cessé de la passer quand à 13 ans, une madame qui m'avait ouvert sa porte m'a demandé si je n'étais pas trop vieille pour faire la quête aux bonbons. J'ai toujours su que les adultes étaient rabat-joie. Alors en vieillissant, je me suis faite un honneur de faire des soupers et fêtes d'halloween soit à la maison, ou en refuge dans le parc de la Gatineau. Que de belles soirées nous avons passées entre amis à se déguiser et retrouver ce plaisir d'enfance.

Cependant le concept d'Halloween n'est pas trop bien saisi par ma jappeuse de chien, Praline, qui est tout de même adorable quand elle n'est pas en mode protection domiciliaire.

Octobre 2008 -La belle Praline avec une amie

Ceux qui la connaissent n'ont pas besoin d'explications ici. Dès que la sonnerie de la porte retentit, le "système d'alarme" décolle. Et la Frewfie est stressée. Donner des bonbons aux halloweeneux avec des jappements en sourdine (et sourdine est un bien grand mot), devient une tâche plutôt pénible, à mon grand malheur. À l'approche du 31 octobre, je stresse. J'ai cessé de mettre des décorations à l'extérieur de la maison, en me disant que les jeunes ne viendraient pas sonner sans décorations. BEN NON!! Les jeunes de Mount Pearl n'ont pas compris ce principe si simple. L'an dernier, j'ai eu droit à un beau 3 heures de concert de jappements à chaque fois qu'on sonnait. C'est la voisine que je plains.

Cette année, je fais un pied de nez non pas à l'halloween, mais à Praline. Elle jappera seule, ce soir, car j'irai manger de la pizza et écouter des films d'horreur avec une amie, loin de ma maison et de ma furie à quatre pattes. Je lui rapporterai des bonbons pour me faire pardonner de cette traîtrise :-)